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COLOMBO
- Un député canadien a été arrêté mercredi à son arrivée à l'aéroport
de Colombo et expulsé, les autorités du Sri Lanka lui reprochant
d'avoir soutenu "les Tigres tamouls", ont indiqué des responsables
sri-lankais.
Bob Rae, député membre du parti libéral et ancien
Premier ministre de l'Ontario, avait ouvertement critiqué l'offensive
de l'armée sri-lankaise et s'était rendu au Sri Lanka pour constater la
situation des Tamouls déplacés dans les camps au Nord du pays. Il
a été arrêté à l'aéroport international Bandaranaike et "remis sur le
premier vol disponible" à destination de Londres, a déclaré à l'AFP un
responsable aéroportuaire.
Selon le chef des services de
l'immigration, P.B Abeykoon, M. Rae avait été placé sur une liste noire
pour ses accointances présumées avec la résistance tamoule des Tigres
de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).
Le Canada a accordé
l'asile à plus de 300.000 membres de la communauté tamoule dans les
années 80 et la diaspora a organisé ces derniers mois des
manifestations de protestation contre les autorités sri-lankaises. En
représailles, des manifestants sri-lankais, jugeant l'attitude du
Canada trop favorable aux Tamouls, s'en sont pris le mois dernier à
l'ambassade du Canada à Colombo, cible de jets de pierres. Réplique de Canada
Ottawa a manifesté son "désarroi" et son "mécontentement" au
gouvernement du Sri Lanka après que le député libéral Bob Rae eut été
détenu puis expulsé de ce pays, mercredi, à son arrivée à l'aéroport de
Colombo.
Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères,
Emma Welford, a déclaré qu'il s'agissait là d'un "traitement
inacceptable" à l'endroit d'un parlementaire canadien. Elle a aussi
affirmé qu'il était absurde de penser que l'ancien premier ministre de
l'Ontario pouvait représenter une menace à la sécurité nationale du
pays ou appuyer les revendications des Tigres tamouls.
Pour sa
part, le député conservateur Deepak Obhrai, secrétaire parlementaire du
ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a confié qu'il
devait également se rendre au Sri Lanka cette semaine afin de
surveiller la situation dans les camps de réfugiés. Mais sa demande
pour un visa avait été rejetée par le haut-commissariat du Sri Lanka à
Ottawa.
M. Obhrai s'est fait dire que le gouvernement sri-lankais ne pouvait l'accommoder, a-t-il révélé en entrevue.
Contrairement
à M. Obhrai, la demande de visa de M. Rae avait été acceptée et le
député libéral avait même discuté de son voyage avec des représentants
du gouvernement du Sri Lanka.
Selon le commissaire à
l'immigration P.B. Abeykoon, M. Rae a été brièvement détenu à son
arrivée au Sri Lanka avant d'être sommé de rentrer au Canada.
M.
Abeykoon a indiqué que les services secrets du Sri Lanka l'avaient
informé que la visite de M. Rae dans ce pays n'était pas appropriée.
Récemment,
M. Rae, qui est porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères,
a dénoncé le silence des autorités canadiennes face à l'offensive du
gouvernement du Sri Lanka envers les rebelles. Ses critiques ont été
encore plus virulentes pendant les dernières semaines de cette guerre,
durant lesquelles plus de 7000 personnes ont été tuées, selon des
statistiques de l'Organisation des Nations unies. |
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