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Le
feu s'est éteint. Le pays est dans un bain de sang effroyable. Les
hôpitaux débordent de blessés. Le Comité international de la
Croix-Rouge n'a cessé, pendant des mois, d'appeler à un cessez-le-feu
pour mettre un terme à la «catastrophe humanitaire». Les organisations
humanitaires ont tiré une dizaine de fois la sonnette d’alarme.
Pourtant, des milliers de civils ont été arrachées ces dernières
semaines.
L’une des plus meurtrières guerre vient de s’achever
dans un terrible drame. Plus de 150 000 victimes civiles et militaires
recensées dans ce conflit politique de plus de 25 ans.
Durant
les six derniers mois, le territoire contrôlé par les Tigres de l'Eelam
tamoul a été militairement réduit en une poche d’une dizaine de km² par
les forces armées cinghalaises. Ces derniers ont déployé tous leurs
moyens : artillerie lourde, radars hautement perfectionnés, Kfirs
puissants, bombes à fragmentation, bombes chimiques, à phosphore blanc,
interdites dans les textes internationaux… Tout a été bon pour
éradiquer le mouvement des LTTE, mais pas seulement, leurs proches et
familles. L'Occident retiendra de ce conflit oublié le destin de
centaines de milliers de civils littéralement démunis, victimes de
bombardements aériens et d'artillerie.
Maintenant que la
guerre est "terminée", on ne peut qu'être surpris l’indifférence
quasi-générale, de la communauté internationale quant à cette tragédie
humanitaire. Le Conseil de sécurité a fini par exprimer que ses membres
étaient «profondément préoccupés par l'aggravation de la crise
humanitaire dans le nord-est du Sri Lanka» et qu'ils voyaient «d'un bon
oeil l'action menée personnellement par le secrétaire général», venu à
la fin de la guerre, panser les blessures des victimes. Une habitude
adoptée par ces pays.
En clair, l'enjeu ne constitue pas une
menace pour la paix et la sécurité internationale : on est très loin de
la mise en oeuvre du concept de la «responsabilité de protéger», R2P.
Le
défi est désormais de taille pour le gouvernement de M. Rajapakse,
puisque la communauté tamoule de France, et l’ensemble de la diaspora
se mobilisera continuellement pour demander :
- la gestion de
la transition humanitaire: les 300 000 personnes qui résident dans les
camps de déplacés n'auront qu'un seul souhait, et ce sera de rentrer
chez eux dans la dignité et avec l'espoir de pouvoir reconstruire leurs
vies, avec les besoins de base vitaux.
- la protection des combattants démobilisés garantie par le respect du droit international humanitaire.
-
le retour organisé ou spontané des civils chez eux est le préalable au
retour à la paix civile, mais ceci à deux conditions. D'abord, le
financement adéquat pour des activités de reconstruction locales et
ensuite, le fait de pouvoir assurer que les sites de retour soit
«dépollués» des mines et autres engins non explosifs laissés ou
enterrés sur place;
- la réintégration économique des
rapatriés: une fois de retour chez eux, les déplacés ont le droit de
profiter des mesures qui leur permettront de réengager en tout ou en
partie des activités socio-économiques qui assuraient leur survie par
le passé.
- le retour de l'État de droit: le pouvoir
cinghalais devra décider, en dialogue avec les organisations, partis et
populations tamouls, quels droits et responsabilités conférer aux
futures administrations provinciales du nord et de l'est du pays. Cette
restauration de l'État de droit, des administrations villageoises,
communales et provinciales sera le ferment de la reconstruction et du
retour à la paix civile;
- la transition politique nationale :
les Tamouls composent la plus grande minorité nationale sri-lankaise.
Il serait donc dramatique de reproduire les erreurs du passé qui ont
poussé les extrémistes tamouls à prendre les armes. Le gouvernement de
Colombo doit prendre conscience des aspirations politiques des Tamouls
au Sri Lanka. Les États voisins et occidentaux où vivent d'importantes
diasporas pourraient être de grande utilité à cet égard;
Personne
ne pourra réussir la transition humanitaire sans laisser une place aux
organismes humanitaires internationaux et non gouvernementaux. Les
efforts personnels de Ban Ki-Moon pour garantir cette ouverture seront
de première importance. Le rôle du FMI, comme celui de la Banque
mondiale et des bailleurs de fonds bilatéraux, sera également crucial. |
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