Sri Lanka (LTTE)

Sri Lanka : une paix incertaine (le lundi 22 juin 2009)

Sri Lanka : une paix incertaine PDF Imprimer Envoyer
Écrit par S.Nila   
Lundi, 22 Juin 2009 14:24

Le feu s'est éteint. Le pays est dans un bain de sang effroyable. Les hôpitaux débordent de blessés. Le Comité international de la Croix-Rouge n'a cessé, pendant des mois, d'appeler à un cessez-le-feu pour mettre un terme à la «catastrophe humanitaire». Les organisations humanitaires ont tiré une dizaine de fois la sonnette d’alarme. Pourtant, des milliers de civils ont été arrachées ces dernières semaines.

L’une des plus meurtrières guerre vient de s’achever dans un terrible drame. Plus de 150 000 victimes civiles et militaires recensées dans ce conflit politique de plus de 25 ans.  

Durant les six derniers mois, le territoire contrôlé par les Tigres de l'Eelam tamoul a été militairement réduit en une poche d’une dizaine de km² par les forces armées cinghalaises. Ces derniers ont déployé tous leurs moyens : artillerie lourde, radars hautement perfectionnés, Kfirs puissants, bombes à fragmentation, bombes chimiques, à phosphore blanc, interdites dans les textes internationaux… Tout a été bon pour éradiquer le mouvement des LTTE, mais pas seulement, leurs proches et familles. L'Occident retiendra de ce conflit oublié le destin de centaines de milliers de civils littéralement démunis, victimes de bombardements aériens et d'artillerie.

Maintenant que la guerre est "terminée", on ne peut qu'être surpris l’indifférence quasi-générale, de la communauté internationale quant à cette tragédie humanitaire. Le Conseil de sécurité a fini par exprimer que ses membres étaient «profondément préoccupés par l'aggravation de la crise humanitaire dans le nord-est du Sri Lanka» et qu'ils voyaient «d'un bon oeil l'action menée personnellement par le secrétaire général», venu à la fin de la guerre, panser les blessures des victimes. Une habitude adoptée par ces pays.

En clair, l'enjeu ne constitue pas une menace pour la paix et la sécurité internationale : on est très loin de la mise en oeuvre du concept de la «responsabilité de protéger», R2P.

Le défi est désormais de taille pour le gouvernement de M. Rajapakse, puisque la communauté tamoule de France, et l’ensemble de la diaspora se mobilisera continuellement pour demander :

- la gestion de la transition humanitaire: les 300 000 personnes qui résident dans les camps de déplacés n'auront qu'un seul souhait, et ce sera de rentrer chez eux dans la dignité et avec l'espoir de pouvoir reconstruire leurs vies, avec les besoins de base vitaux.  

- la protection des combattants démobilisés garantie par le respect du droit international humanitaire.

- le retour organisé ou spontané des civils chez eux est le préalable au retour à la paix civile, mais ceci à deux conditions. D'abord, le financement adéquat pour des activités de reconstruction locales et ensuite, le fait de pouvoir assurer que les sites de retour soit «dépollués» des mines et autres engins non explosifs laissés ou enterrés sur place;

- la réintégration économique des rapatriés: une fois de retour chez eux, les déplacés ont le droit de profiter des mesures qui leur permettront de réengager en tout ou en partie des activités socio-économiques qui assuraient leur survie par le passé.

- le retour de l'État de droit: le pouvoir cinghalais devra décider, en dialogue avec les organisations, partis et populations tamouls, quels droits et responsabilités conférer aux futures administrations provinciales du nord et de l'est du pays. Cette restauration de l'État de droit, des administrations villageoises, communales et provinciales sera le ferment de la reconstruction et du retour à la paix civile;

- la transition politique nationale : les Tamouls composent la plus grande minorité nationale sri-lankaise. Il serait donc dramatique de reproduire les erreurs du passé qui ont poussé les extrémistes tamouls à prendre les armes. Le gouvernement de Colombo doit prendre conscience des aspirations politiques des Tamouls au Sri Lanka. Les États voisins et occidentaux où vivent d'importantes diasporas pourraient être de grande utilité à cet égard;

Personne ne pourra réussir la transition humanitaire sans laisser une place aux organismes humanitaires internationaux et non gouvernementaux. Les efforts personnels de Ban Ki-Moon pour garantir cette ouverture seront de première importance. Le rôle du FMI, comme celui de la Banque mondiale et des bailleurs de fonds bilatéraux, sera également crucial.



Article ajouté le 2009-06-24 , consulté 1 fois

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