Sri Lanka : Srebrenica tamoul (le samedi 27 juin 2009)
| Sri Lanka : Srebrenica tamoul |
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| Écrit par Benito Perez |
| Samedi, 27 Juin 2009 09:20 |
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Sans tomber dans la théorie du complot, on se doutait que le chiffre de 2800victimes, longtemps avancé par les services du secrétaire général Ban Ki-moon, était fortement sous-estimé. Même augmenté récemment à 7000, le bilan officiel demeure loin des calculs du Times, qui parle d'au moins 20000 tués. Un chiffre malheureusement crédible, après des mois d'intenses tirs d'artillerie, de bombardements et de combats dans la toute petite zone contrôlée par les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE), où vivaient des centaines de milliers de personnes. Si la manipulation se confirme, il faudra s'interroger sur les motifs qui ont amené l'ONU à masquer l'ampleur de la crise. A-t-elle péché par Realpolitik, dans l'espoir failli d'obtenir de Colombo l'accès au terrain pour ses humanitaires? Ou, plus sûrement, Ban Ki-moon a-t-il fait preuve d'un excès de «prudence», flirtant en ce cas précis davantage avec la complicité qu'avec la naïveté? L'état-major onusien n'ignore rien des méthodes employées par l'armée cingalaise et ses supplétifs paramilitaires. Dire que Colombo –tout comme le LTTE– fait peu de cas des «dommages collatéraux» est un euphémisme. Human Rights Watch, parmi d'autres, a dénoncé avec vigueur les attaques contre des installations civiles, dont des hôpitaux, menées par l'armée afin de chasser les civils des zones contrôlées par les Tigres. Selon l'International Crisis Group (ICG), «la campagne anti-insurrectionnelle agressive» du gouvernement se traduit par des «exécutions extrajudiciaires» et des «disparitions forcées». Une campagne de terreur qui, en 2006, avait coûté la vie à dix-sept employés tamouls de l'ONG française Action contre la faim. Des exactions qu'on retrouve loin de la zone des combats. Dans son rapport 2008, Amnesty relève des vagues d'«arrestations arbitraires» et la généralisation de la torture. «De tous les pays avec un gouvernement démocratiquement élu, le Sri Lanka est le moins respectueux de la liberté des médias», écrit Reporters sans frontières. Avec pareil pedigree, le Sri Lanka aurait dû, au minimum, être l'objet d'une étroite surveillance de la communauté internationale. D'autant que les plans guerriers du président Mahinda Rajapakse étaient connus depuis 2004-2005. Mais c'est le contraire qui s'est produit. L'échec en 2005 des négociations sous l'égide de la Norvège s'est combiné avec une situation géopolitique très favorable à Colombo. La concession de bases militaires aux Etats-Unis a suivi le renforcement des liens avec la Chine et la Russie, ainsi que l'élection d'un gouvernement ami à New Delhi. De quoi asseoir la «légitimité» de la «guerre contre le terrorisme» version cinghalaise... Incapable de surnager dans cette conjonction d'intérêts géostratégiques, l'ONU a sombré avec le reste de la communauté internationale. Quinze ans après le Rwanda, quatorze après Srebrenica. |



L'ONU
a-t-elle minimisé le bilan des civils tamouls tués par l'armée sri
lankaise? Des rapports accablants ont-ils été étouffés pour ne pas
froisser le gouvernement de Colombo? Après le fiasco, le 27 mai
dernier, de la session spéciale du Conseil des droits de l'homme, les
accusations portées le lendemain et le surlendemain par Le Monde et The
Times ont clos une terrible semaine pour les Nations Unies.
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