Sri Lanka (LTTE)

Sri Lanka : le sort des populations déplacées (le samedi 4 juillet 2009)

Sri Lanka : le sort des populations déplacées PDF Imprimer Envoyer
Écrit par S.Nila   
Samedi, 04 Juillet 2009 07:22

Depuis la fin de la guerre au Sri Lanka, le 20 mai, plus de 285000 déplacés sont enfermés dans des camps verrouillés par l’armée. Soumis à de fortes pressions de la communauté internationale, Colombo affirme aujourd’hui pouvoir les réinstaller d’ici à six mois dans leur région d’origine.

Entourés de fils barbelés et gardés par des forces de sécurité, ces centres ont été qualifiés de «camps d’internement» par le coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, John Holmes. Les personnes ne peuvent pas en sortir.

De nombreuses familles sont encore aujourd’hui séparées entre plusieurs camps et sans nouvelles de leurs proches. «Ces gens sont détenus sans aucune justification légale, analyse Jim Ross, directeur du service juridique de l’organisation Human Rights watch. Ce sont des civils, pas des combattants.» L’accès à ces camps s’améliore pour les organisations humanitaires. Mais plus d’une ONG regrette toutefois le manque de contact direct avec les plus nécessiteux. «Les autorités veulent tout contrôler», note une urgentiste. «Les besoins en eau, en abris et en nourriture ne sont pas encore satisfaits, mais l’aide est plus conséquente», constate un coordonnateur. «La situation reste dramatique à Manik Farm (au sud de Vavunyia). Les conditions d’hygiène sont déplorables, s’alarme un responsable d’une agence internationale qui souhaite garder l’anonymat. Dernièrement, nous avons eu près de 200 morts par jour. Les gens sont victimes d’hépathites, de diphtéries, de diarrhées ou décèdent des suites de leurs blessures

Fin mai, le régime du président Mahinda Rajapakse a échappé à une condamnation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et à l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre. La résolution, soutenue par Colombo et ses alliés (Chine, Inde, Pakistan, Cuba et Arabie saoudite), a été jugée très clémente avec le Sri Lanka qui l’a accueillie comme une victoire diplomatique. Les Nations unies, et le secrétaire général Ban Ki-moon en tête, continuent à réclamer une «investigation concernant des violations des lois humanitaires internationales». Accusant les belligérants, Amnesty international exige également une enquête indépendante à laquelle souscrit aussi Human Rights Watch. Mais, comme c’est le cas depuis des mois, Colombo verrouille sa porte à toute ingérence occidentale.


Article ajouté le 2009-07-04 , consulté 1 fois

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