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Les déclarations faites aux médias par des médecins actuellement
détenus pour avoir fourni ce que le gouvernement sri-lankais clame être
de fausses informations sur le nombre de victimes civiles au cours des
derniers jours de son offensive contre les Tigres libérateurs de
l'Eelam tamoul (LTTE) soulignent une nouvelle fois la nécessité d'une
enquête indépendante sur les allégations selon lesquelles les deux
parties auraient commis des crimes de guerre, a déclaré Amnesty
International.
Amnesty International met en doute la
crédibilité des récentes déclarations des médecins pour plusieurs
raisons, notamment du fait que ces médecins sont maintenus en
détention, sans possibilité de consulter un avocat et qu'ils pourraient
subir des actes de torture ou de mauvais traitements et subir des
pressions du gouvernement sri-lankais, dont le bilan en matière de
traitement des détenus et des témoins est particulièrement médiocre ;
des contradictions relevées entre les déclarations des médecins et des
faits vérifiés indépendamment ; des deux mois qui se sont écoulés entre
le départ des médecins des zones tenues par les LTTE et leur récente «
rétractation » des propos qu'ils avaient tenus précédemment.
Amnesty
International s'inquiète de la sécurité et du bien-être de ces hommes
qui ont fourni les seuls soins médicaux disponibles à des centaines de
milliers de civils pris au piège des combats, ce qui devrait leur
valoir des éloges et non des sanctions. Obtenir des aveux par la force
et contraindre des détenus à donner des interviews aux médias pour
soutenir les positions du gouvernement est un exercice pratiqué depuis
longtemps par les autorités sri-lankaises, comme en témoigne Amnesty
International dans un rapport récent (Twenty Years of Make Believe :
Sri Lanka's Commissions of Inquiry, disponible en anglais seulement).
Dans de telles conditions, il est impossible d'évaluer la validité de
leurs propos, mais Amnesty International souligne que les informations
communiquées par des organisations indépendantes internationales
engagées dans l'assistance humanitaire au plus fort de la crise,
notamment les Nations unies et le Comité international de la
Croix-Rouge, contredisent les récentes déclarations des médecins.
Entre
la mi-février et le 9 mai, le CICR affirme avoir évacué près de 14 000
patients blessés ou malades et soignants accompagnateurs avec l'aide de
ces médecins, ce qui contredit les déclarations du Dr Varatharajah qui
a affirmé lors de la conférence de presse gouvernementale que 600 à 650
personnes seulement avaient été blessées entre janvier et mi-avril 2009.
Lors
de leur conférence de presse, les médecins sont également revenus sur
les déclarations qu'ils avaient faites concernant les tirs d'artillerie
qui auraient touché l'hôpital de Puthukkudiyiruppu en février, bien que
des membres du personnel des Nations unies et du CICR affirment avoir
été témoins de l'attaque. Des témoignages obtenus de façon indépendante
par Amnesty International ont confirmé les évènements vécus par les
médecins après que des tirs d'artillerie eurent endommagés leurs
hôpitaux de Kilinochchi et Mullaitivu en décembre 2008.
Amnesty
International attire l'attention sur le fait que les médecins ont
toujours détenus et qu'ils n'ont pas eu la possibilité de consulter un
avocat. De hauts responsables du gouvernement n'ont cessé de brandir la
menace de poursuites pour des accusations graves, telles que la
trahison, contre ces hommes bien qu'ils reconnaissent que les médecins
agissaient sous la pression des LTTE. Amnesty International a recueilli
des témoignages décrivant la pression imposée par les LTTE sur les
civils tamouls, personnel médical compris.
Amnesty International
demande instamment aux Nations unies, aux organisations humanitaires
internationales et aux autres membres de la communauté internationale
qui ont pu rassembler des informations sur les conditions et le
déroulement de la phase finale de la guerre de rendre publique toute
information en leur possession. Ils contribueront ainsi à l'enquête,
qui devra être systématique et indépendante, sur les allégations de
crimes de guerre et devra comprendre des entretiens confidentiels avec
des témoins – dont la plupart sont actuellement détenus dans des camps
d'internement du gouvernement. |
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