Sri Lanka : le massacre de juillet 1983 (le samedi 25juillet 2009)
| Sri Lanka : le massacre de juillet 1983 |
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| Écrit par S.Nila |
| Samedi, 25 Juillet 2009 21:50 |
Le
souvenir de juillet noir 1983 hante l'esprit de nombreux Tamouls encore
aujourd'hui. Ce massacre a non seulement été décisif dans la lutte
entamée par les jeunes pour la libération nationale mais également à
l'origine du flux migratoire tamoul au début des années 80. Introduction Le
massacre des civils tamouls a commencé dès 1958 avec les premières
émeutes raciales! L’île réputée paradisiaque comptait dès lors des
milliers de morts. Les pages sombres de l’histoire de l’île nous
montrent que toutes les offensives militaires ne visaient pas seulement
les LTTE (les Tigres Libérateurs du Tamil Eelam, dont l'émergence date
de 1976) mais aussi les civils. Les
meurtres de civils tamouls se sont poursuivis par la suite de façon
spasmodique à l'insu du monde jusqu'en juillet 1983, quand un énorme
pogrom a secoué l'opinion internationale. Amour, compassion, respect
d’autrui, toutes les vertus nécessaires à la cohabitation entre hommes
ont été oubliées, laissant place à la haine et à la colère, poussant la
sauvagerie de certains Cinghalais à brûler vif les Tamouls. Des bébés qui ignorent les notions de race ou de religion, furent pour beaucoup « éclatés » contre les murs. Certains furent jetés vifs dans du goudron chauffé, des jeunes filles ont été violées et tuées. Les hommes furent arrêtés arbitrairement, et jetés en prison, d’autres ont été découpés aveuglement. Tous ces actes inhumains, remplis de haine et de soif de sang ont marqué tout un peuple. Le génocide de 1983 n’est pas le premier massacre que les nationalistes cinghalais ont prémédité et exécuté. Récapitulatif de l’Histoire de l’Eelam Le Ceylan est une île située au Sud-Est de l’Inde. Deux peuples y partagent le territoire : les Tamouls dans le Nord et l’Est, les Cinghalais dans le Sud et l’Ouest. Pour en faciliter l’administration, les colons britanniques firent fusionner les royaumes, en 1833. A leur départ en 1948, les Cinghalais majoritaires prirent le pouvoir. Les gouvernements cinghalais successifs ont dénié les droits fondamentaux du peuple tamoul, le privant systématiquement de l’accès à l’éducation et à l’emploi. Dès 1956, le cinghalais est devenu la langue officielle et le bouddhisme la religion officielle. Le Ceylan a été rebaptisé le Sri Lanka, terme cinghalais signifiant victoire. L’introduction d’un système sélectif appelé « standardisation », qui exigeait des notes d’examens supérieurs pour les étudiants tamouls, a bloqué l’accès à l’éducation du peuple tamoul. Les actes discriminatoires et les violences raciales du gouvernement sri lankais visant la population tamoule se sont fait de plus en plus nombreux et ont évolué vers un conflit armé. Les parties, qui y sont engagés, sont le gouvernement sri lankais et les Tigres Libérateurs de Tamil Eelam. Depuis les années 50, les Tamouls ont mené de nombreuses protestations pacifiques qui ont été pour la plupart réprimées brutalement par les forces de sécurité. Il y eut même des campagnes de désobéissance non violentes lourdement écrasées. Plusieurs pactes passés entre les deux parties à cette époque ont échoué. Malgré la volonté de quelques uns à résoudre le conflit, en 1958, des émeutes raciales anti-tamoules ont éclaté. En 1974, la quatrième Conférence Internationale réunissant les chefs du mouvement a terminé dans un bain de sang. Parmi les victimes, on y comptabilisait majoritairement des civils. En 1981, on croyait avoir atteint le summum avec l’incendie criminel de la grande bibliothèque de Jaffna détruisant plus de 95 000 volumes, pour la plupart inédites. Mais, le génocide de 1983, qui s’en est suivi, a été véritablement une tragédie pour les Tamouls et un grand choc psychologique. Elle est l’une des causes des grandes vagues d‘immigration des Tamouls. Picture : La plus grande bibliothèque de Jaffna détruite en 1981 “Détruire une bibliothèque est une façon de détruire un peuple et ce qui constitue son histoire et son identité.” Pogrom de Juillet 1983 Le massacre tant redouté finalement éclate sous la démarche des autorités gouvernementales. En effet, à la suite de l’enlèvement et du viol de trois jeunes filles par les forces de l’ordre, de jeunes résistants tamouls firent des représailles en tendant une embuscade à un véhicule militaire transportant des soldats. En retour, l’armée attaqua de jeunes écoliers, des personnes âgées, bref des civils sans défense. Les corps des soldats tués lors de l’attaque furent rapatriés à Colombo et exposés comme des héros-martyrs, d’où la flambée meurtrière qui s’abattit sur tous les quartiers de la capitale, le 24 juillet 1983. Les Cinghalais commencèrent à s’en prendre aux magasins, entreprises, maisons et véhicules appartenant aux Tamouls. Des civils furent brûlés vifs, même les enfants de bas âge ne furent pas épargnés. La haine raciale poursuivait les enfants jusque dans les hôpitaux où les agents hospitaliers s’opposaient aux soins que voulaient prodiguer les médecins. Les forces de sécurité ne firent aucune tentative pour arrêter ces assaillants, même pendant les heures de couvre-feu décrété le lundi 25 au soir. Le Haut Commissariat de l’Inde et des résidences du personnel furent touchés. Les temples hindous furent incendiés et rasés. Des institutions dirigées par des prêtres tamouls furent saccagées. Des témoins oculaires ont déclaré que toute la ville de Colombo fut assombrie par un tel nuage de fumée que la nuit semblait s’être abattue sur la cité en pleine après-midi. D’autres régions de l’île connurent de mêmes heures tragiques comme Kandy, Matale et Trinconamalee. Dans la prison de Welikade, les prisonniers politiques tamouls furent agressés par des détenus de droit commun cinghalais et affreusement mutilés, sous les yeux des gardiens indifférents ou complices. 56 d’entre eux y périrent. Picture : Le 25 juillet, trois des plus importants leaders politiques furent assassinés, dans une prison, par des co-détenus cinghalais munis d'armes fournies par l’armée sri lankaise. Il y eut plus de 4000 morts. 150 000 personnes se sont retrouvées sans abris, dépourvus de tout. Hâtivement, des camps de réfugiés ont été mis en place dans les institutions catholiques et hindoues. Certaines furent attaquées par les autorités. Le gouvernement a également interdit à la Croix Rouge Internationale de porter secours aux camps de réfugiés. Les propriétés saccagées et incendiées ont été plus tard confisquées par les autorités gouvernementales. Cet évènement ne peut pas être seulement attribué à l’attentat mené contre les soldats. Des mesures préméditées de longue date peuvent être perçues, telles que les listes électorales aux mains des assaillants, la censure de la presse dès fin juin, le contrôle du courrier, les multiples arrestations de ceux qui étaient les porte-parole des Tamouls les plus démunis et le transfert des prisonniers politiques suspects de différents camps militaires. contrôle du courrier, les multiples arrestations de ceux qui étaient les porte-parole des Tamouls les plus démunis et le transfert des prisonniers politiques suspects de différents camps militaires. Le Président, J.R.Jayawardena, s’adressa à la Nation, le 28 juillet, semblant justifier les actes criminels des Cinghalais. Il a affirmé que ces derniers n’accepteraient jamais la division d’une nation qui est unifiée depuis 2500 ans et que le gouvernement avait décidé que le moment était venu de répondre aux attentes du peuple cinghalais pour que cesse ce mouvement de désunion. Pas un mot de regret pour les victimes tamoules de ce pogrom. Il mentionna également plutôt dans le Daily Telegraph : « Je ne me soucie pas de l’opinion du peuple tamoul… Maintenant, nous ne pouvons pas penser à lui, ni à sa vie, ni à son opinion... Plus vous mettrez de pression dans le Nord, plus heureux sera le peuple cinghalais ici... Vraiment, si je peux priver de nourriture les Tamouls, le peuple cinghalais sera heureux. » Seul, M. Lakshman Wickremasinghe de l’Église anglicane et le responsable de l’Église méthodiste, tous deux cinghalais, sauront dire leur indignation et leur honte face à une telle barbarie. Le 4 août, le 6ème amendement de la Constitution fut voté au Parlement concernant l’abolition d’un parti séparatiste et l’obligation de prêter serment de fidélité au gouvernement. Les Tamouls, sous l’emprise de la peur, n’ont pas osé reprendre leur travail en zone cinghalaise. Le mouvement de résistance s’est montré tolérant envers les fonctionnaires qui ont été contraints de prêter serment pour pouvoir conserver leur poste et subvenir ainsi aux besoins de leur famille. La présence massive de l’armée fut une menace permanente. La population tamoule ne se sentait pas libre sur son propre territoire. Elle ne savait que trop bien que l’armée était à l’affût du moindre incident pour sortir des camps et se venger sur elle. Plus de 4000 civils tamouls ont ainsi été massacrés au Sri Lanka par les groupes armés cinghalais, et ce sous l’ordre du gouvernement sri lankais. Ce n’est pas la première fois que le peuple tamoul de l'île est pris pour cible par l’armée. Le génocide de 1983 ne fut pas le dernier. Les Tamouls ont été tués, mutilés, pillés et laissés sans abris. Une documentation regroupée depuis plus de 50 ans prouve sans aucune ambiguïté, que pendant des années, les Tamouls ont été victimes de meurtres extrajudiciaires de façon systématique, délibérée et planifiée par les autorités du Sri Lanka et leurs agents. Les massacres qui ont eu lieu à Chunnakam, à Mannar, à Jaffna General Hospital, à Valvettiturai, Navaly Church, à Nagerkovil School, à Puthukudyiruppu, à Amparai et autres font désormais partie de la triste histoire des Tamouls... Témoignages « Tous les commerces et les biens appartenant aux Tamouls ont été attaqués. » – London Guardian, le 28 Juillet 1983 « Dès les premiers faits de violences, il est clair que ni la police ni les forces de sécurité n'ont pris d’initiatives pour rétablir l’ordre… À un moment, plusieurs véhicules militaires ont traversé la ville, avec à leur bord des troupes de soldats qui encourageaient les émeutiers. » - London Daily Telegraph, le 26 Juillet 1983. « Les automobilistes ont été arrachés de leur véhicule et rués de coup de bâtons. Certains ont même été lacérés aux couteaux et à la hache. » - London Daily Telegraph, le 26 Juillet 1983 Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette image. « Un mini bus rempli de Tamouls a été contraint de s’arrêter devant nous à Colombo.... La foule cinghalaise a versé du pétrole sur le bus et y a mis le feu. Ils ont bloqué la porte du bus et ont ainsi empêché les Tamouls d’en sortir. » - Mme Eli Skarstein (une touriste norvégienne), London Daily Express, le 29 août 1983 Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette image. « Le personnel de l’armée a activement encouragé les incendies criminels et a contribué à la recherche des établissements et des maisons tamouls à Colombo. Il n’a absolument pas pris de mesures pour appréhender ou prévenir des éléments perturbateurs. Dans beaucoup de cas, l’armée a participé activement au pillage des magasins. » - The London Times, le 5 Août 1983 |



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souvenir de juillet noir 1983 hante l'esprit de nombreux Tamouls encore
aujourd'hui. Ce massacre a non seulement été décisif dans la lutte
entamée par les jeunes pour la libération nationale mais également à
l'origine du flux migratoire tamoul au début des années 80. 
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